Nos émotions

Premier article pour les abonnés à la BullesLetter : nous parlons aujourd'hui des émotions.

Histoires de Plumes
4 min ⋅ 02/05/2025

Les émotions. Un sujet particulièrement présent et compliqué dans la thématique du deuil périnatal. Tout endeuillé le décrira : montagnes russes, tourbillon, machine à laver, vagues, sous l’eau, dans le cyclone
Nous luttons souvent contre, ou les subissons. Nous n’avons pas appris à les comprendre, à les appréhender, à les identifier. Et encore moins à gérer leur impact sur notre quotidien !

Elles sont pourtant nos alliées et une véritable ressource lorsqu’on prend le temps de les connaître et de se familiariser avec elles.

Dans cette newsletter, je te propose de partir à la découverte du pays des émotions. Dans un premier temps, nous prendrons le temps de faire à nouveau connaissance avec elles, afin de bien comprendre ensuite comment tu peux mieux vivre avec dans ton deuil.

Un phénomène physiologique

Commençons par le commencement. Avant d’apprendre à réguler et trouver des astuces pour éviter les désagréments qu’elles causent, il est important de comprendre leur mécanisme et leur fonctionnement.

Les émotions sont une réponse PHYSIOLOGIQUE du CORPS à un stimuli, externe ou interne. Notre corps reçoit en permanence des informations et elles ont un impact sur lui, générant une forme de stress. Pour libérer les tensions accumulées par ces stress, le corps cherche à s’en libérer, grâce notamment aux émotions.

Autrement dit : les émotions sont un moyen sain et efficace pour le corps de revenir à un état de détente et d’apaisement. Elles sont bénéfiques et même physiologiques !

De plus, il est à considérer que notre mode de vie actuel et notre société favorisent ces fameux stress (rythme de vie, écrans, alimentation, manque de repos…) tout en laissant peu de place à la possibilité d’exprimer nos émotions lorsqu’elles débordent. Nous sommes donc déjà beaucoup plus sensibles qu’autrefois. 
Alors imagine lorsque viennent s’ajouter des événements traumatiques : ce cocktail devient explosif et rend la vie normale impossible.

Mais alors, comment retrouver un semblant d’équilibre dans ce cyclone ?

Je vais te donner quelques pistes à explorer. J’aurai l’occasion d’en développer d’autres dans les articles suivants.

L’environnement

Tu peux déjà te pencher sur les facteurs de stress présents dans ton quotidien et autour de toi. Par où commencer ? La liste que je te propose n’est pas une série d’injonctions pour te culpabiliser, mais réellement des pistes à explorer : tu peux tâtonner à ton rythme, franchir des caps quand c’est le bon moment pour toi. Mon mantra c’est : ÉCOUTE-TOI.

Tu peux commencer par prendre en considération que le deuil est énergivore : plus tu vas diminuer l’impact du stress provenant d’autres sphères, plus tu pourras récupérer des forces. Cela demande aussi de bien te connaître et d’être à l’écoute, d’observer les éléments qui génèrent des tensions en toi.

Le sommeil est un des facteurs principaux de mieux-être. Si tu dors très peu ou très mal, il peut être intéressant d’explorer des solutions pour augmenter ton temps de repos. Si tu dors beaucoup, ou que tu es fatigué.e malgré un bon sommeil : souviens-toi que ton corps a besoin d’énormément de récupération pour supporter le manque de ton bébé.

L’alimentation joue également, car notre façon de manger a un impact sur notre organisme et représente, parfois, un stress supplémentaire. En tous cas, tu peux en diminuer les effets délétères en optant pour des repas sains, revitalisants, ou qui te procure aussi du plaisir.

Les écrans sont très utiles pour détourner notre cerveau de nos émotions ou de notre fatigue. Si tu sens qu’en réduire l’usage pourrait t’aider à favoriser un apaisement au quotidien, voici quelques pistes à explorer. Tu peux essayer de diminuer le temps passé sur ton téléphone, et pourquoi pas l’arrêter après 18h. Utilise les options contrôle d’écran, notamment pour désamorcer les moments de scrolling sans fin. Enfin, sache qu’un écran en noir et blanc amoindrit le plaisir et permet de réduire l’utilisation de son smartphone.

L’activité physique est également un point à prendre en compte : si tu as bien compris, le corps a besoin de décharger les tensions créées par les stimuli et stress, d’autant plus importants en période de deuil. Parvenir à maintenir une activité physique adaptée (adaptée à ton post-partum, à tes forces, à tes besoins…) peut t’aider à réguler davantage ton système nerveux en déchargeant les tensions du corps.

Débrancher le cerveau peut également être aidant. Perdre son bébé peut amener le parent à une surcharge mentale. Des pensées qui tournent en boucle, des souvenirs ou émotions qui surviennent dans des situations inopportunes, des scenarii qui se rejouent. Et si… ? Pourquoi… ? Lorsque l’esprit est surchargé, tu peux avoir l’impression d’imploser, tu n’arrives plus à dormir, ton corps est épuisé de tant de fourmillements internes… Tu peux essayer de mettre en place activités qui t’aident à sortir de ces réflexions permanentes et cela peut passer par une activité créative (coloriage, poterie, peinture, écriture…), une activité en lien avec la nature (promenade, randonnée, jardinage…), ou encore une activité relaxante en lien avec la respiration (yoga doux, méditation, sophrologie, cohérence cardiaque…).

Pour comprendre ton mode de fonctionnement et savoir ce qui te fait du bien, ce qui améliore ta gestion des émotions, je t’invite à noter dans un carnet, à un rythme régulier qui te correspond (au quotidien ou une fois par semaine, qu’importe) tes observations et les conclusions que tu en tires :

  • ce qui a favorisé un retour au calme efficace

  • qui a généré un stress accru, des difficultés émotionnelles

Tu peux faire le point régulièrement avec toi-même : qu’est-ce qui m’a fait vraiment du bien ces derniers jours / ces dernières semaines ?

Je te donne un exemple : dans mon cas, j’observe que chanter à tue-tête dans ma voiture ou faire des pauses dans mon travail pour danser, des marches en pleine nature ou une activité physique douce, m’aident à me sentir mieux. La lecture et la solitude diminuent aussi considérablement le stress au quotidien.

Dans ta prochaine BullesLetter, je décrirai une pratique pour t’aider à réguler tes émotions.
En attendant, je t’invite à t’apporter toute la douceur que tu peux en cette période difficile.

Tendresse,

Aurélie

Histoires de Plumes

Par Aurélie Bianchi

Je suis Aurélie et je vis en Gironde.
Depuis toute petite, je suis habitée par des récites de mon invention. Je suis parvenue à auto-éditer mon premier conte, “Voyage en Mère”. Depuis sont parus aussi :
La Petite Graine qui n’avait pas poussé
Jusque dans une autre vie
L’Oracle des Petits Murmures
Adam
Charlie et sa toute-toute-petite sœur

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